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Dans le cadre de l’appel à projets Cross Disciplinary Programs (CDP) 2026, le projet soutenu par le Groupe de travail dirigé par J. Chanussot (INRIA), F. Cohet (CRJ), E. Moraux (CSIG), et Th. Pellarin (IGE), intitulé : «Space : A strategic lever for risk assessment and the governance of global issues» (l’espace : un levier stratégique pour l’évaluation des risques et la gouvernance des enjeux globaux) vient d’être labellisé par le directoire élargi de l’UGA en date du 3 juillet 2026 avec un budget de 1 029 000 €, pour les 42 mois à venir à compter du 7 septembre 2026.
Ce projet ambitieux et original mobilise les technologies et les sciences humaines et sociales pour faire des données spatiales un levier de gouvernance environnementale, de résilience territoriale et d’aide à la décision face aux grands défis climatiques et sociétaux. Animé par un consortium interdisciplinaire, en capacité d’articuler innovation technologique, droit et communication autour d’enjeux à fort impact, il a été pressenti comme étant de nature à consolider le positionnement de Grenoble comme pôle de référence international sur les usages sociétaux et environnementaux des données spatiales.
La mise en œuvre du projet vise, notamment, à expliciter davantage la chaîne de valeur reliant la production des données spatiales à leur utilisation dans les politiques publiques, notamment à travers quelques cas d’usage fédérateurs. Une attention particulière a été portée à la structuration du volet juridique qui s’appuyant sur diverses expertises en local, au plan national, européen. Elle donnera également lieu au développement de collaborations internationales ciblées, notamment en Europe, afin d’accroître la visibilité et l’impact du projet.
Enjeu stratégique majeur, l’espace est à l’image des grands défis de nos sociétés. Intimiste à ses débuts, son utilisation et ses usages ne sont plus réservés aux États mais ouverts à de nombreux acteurs publics et privés. L’évolution rapide des nouvelles technologies et l’exploitation de leurs potentiels en ont fait un lieu d’investigation et d’engagements en constante évolution.
Au-delà des questions de défense nationale et de géopolitique, les nouveaux défis de l’espace ne sont pas exclusivement tournés vers l’étude des corps célestes et l’exploration spatiale. L’espace est aussi un observatoire au service de l’humanité, aux enjeux éthiques perceptibles à l’échelle des nations comme de la planète. Les espaces extra et intra-atmosphériques offrent des points d’observation de la Terre privilégiés. Constellations satellitaires, diversification des techniques d’observation, capteurs nouvelle génération et intégration croissante de l’IA ont permis d’améliorer considérablement notre compréhension des changements environnementaux et territoriaux ainsi que notre capacité à prévoir les catastrophes naturelles. Toutefois, le rôle clé des données spatiales recueillies est source d’interrogations inhérentes à leur production, leur collecte, leur exploitation, leur diffusion et leur valeur probante.
Afin de répondre à ces problématiques, nous proposons un projet interdisciplinaire réunissant des experts en communication par satellite, en conception de charges utiles, en télédétection, en intelligence artificielle, en droit, en analyse de données, en géographie, en information et en communication. La mise en synergie de ces divers champs d’expertise, tant dans les domaines des sciences techniques (STS) que des sciences humaines et sociales (SHS), est essentielle pour pouvoir développer une approche holistique des activités spatiales. Cette approche intégrée, qui s'étend de la production de données à la prise de décision, en passant par les considérations juridiques et la communication, vise à faciliter la surveillance du climat, la prévention des risques, la sécurité environnementale et la résilience sociétale.
Notre projet est structuré en deux axes de travail complémentaires (WP).
Le WP1 se concentre sur l’utilisation intégrée des infrastructures spatiales, du sol aux orbites, et explore les nouvelles possibilités offertes par les plateformes de haute altitude (HAPS). Nous développerons la communication par satellite avec des réseaux de capteurs au sol pour les zones isolées, et nous concevrons de nouveaux capteurs « intelligents » permettant de proposer de nouvelles missions sur HAPS pour l'observation de la Terre et la gestion des risques, en lien avec le WP2. Nous examinerons les réglementations existantes régissant l'utilisation des espaces extra- et intra-atmosphériques, ainsi que la question de leur appropriation afin de déterminer les fondements du cadre juridique pour les activités spatiales. Les moyens de garantir la fiabilité, l’accessibilité et la protection des données afin d'en faire un outil efficace pour la gouvernance environnementale et la sécurité collective seront également étudiés. De plus, bien que l’espace extra-atmosphérique soit un lieu de libre circulation son usage est l’affaire de tous, aussi explorerons-nous comment la couverture médiatique de l'espace influence l'opinion publique et les décideurs.
Le WP2 propose quant à lui des méthodologies pour analyser les données spatiales (y compris celles qui seront produites dans le WP1) les transformer en outils d'aide à la décision et les communiquer aux décideurs et au grand public. Dans le cadre de ce second axe, nos travaux porteront plus particulièrement sur deux applications : la gestion du territoire (aménagement, accaparement de l’eau) et la gestion des risques liés aux événements de météo de l’espace. Nous développerons et proposerons notamment des outils de modélisation, de prévision et de prévention. Les responsabilités et la possibilité d'utiliser les données spatiales recueillies comme preuve légale feront l’objet d’une étude juridique propre.
Ce CDP permettra de structurer la communauté scientifique du secteur spatial, augmentant ainsi la visibilité de l'UGA dans un secteur en pleine évolution, tant du point de vue sociétal qu’économique. Il associe plusieurs laboratoires de recherche (LIG, CROMA, LCIS, GIPSA-Lab, CRJ, CECISE, IGE, PACTE, LECA, IPAG, G2ELab, GRESEC, INRIA) et la SFR CSUG. Il sera de plus l’occasion de renforcer les collaborations avec les acteurs publics et privés (tels que : la ville de Grenoble, le SDIS38, AXA assurances, Lynred, Teledyne…).
Outre les publications scientifiques qui découleront des travaux de recherche menés dans le cadre de ce CDP, des séminaires, réunissant des acteurs socio-économiques, seront organisés chaque année à Grenoble. Des méthodes de diffusion et de communication des résultats des données spatiales aux décideurs et au grand public seront développées. Un cadre juridique pour une utilisation pacifique et durable de l’espace sera proposé. Enfin des initiatives de médiatisation et d'acculturation seront menées pour sensibiliser le public aux enjeux liés à l’utilisation de l’espace, à la nécessité de garantir l'accès équitable aux données qui y sont recueillies et de développer des normes communes pour leur exploitation afin de maximiser leur contribution à la sécurité et au bien-être de l'humanité.
Avis est donc lancé afin que tous ceux qui ont les pieds sur terre et la tête dans les étoiles puissent manifester leur intérêt en vue de participer à cette belle aventure !
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