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Colloque "La para-propriété intellectuelle"

le 24 septembre 2021


Jeudi 23 septembre - "1ères Rencontres de l'actualité en propriété intellectuelle"
14h-17h, Auditorium de l'IMAG

Vendredi 24 septembre - Colloque "La para-propriété intellectuelle"
9h-17h, Musée de Grenoble (sous réserve de changement de lieu en fonction des mesures sanitaires)

Les droits de la para-propriété intellectuelle n'ont cessé de se développer. Ce mouvement, qui ne peut laisser le juriste de propriété intellectuelle indifférent, génère de nombreuses questions. C’est à toutes ces questions que ce colloque a vocation à s’intéresser.

LA PARA-PROPRIETE INTELLECTUELLE
Au lendemain de la décision du 10 mars 1999 de la première chambre civile de la Cour de cassation selon laquelle : « l'exploitation du bien sous la forme de photographies porte atteinte au droit de jouissance du propriétaire »1, Pierre-Yves Gautier s’interrogeait sur « ce droit de para-propriété intellectuelle qui prend sa source …dans le Code civil »2.
Bien avant cette jurisprudence, les droits de para-propriété intellectuelle ont été consacrés, sans réaction doctrinale particulière, par le législateur comme par exemple le droit de l’organisateur du spectacle sportif en 1984. Ces droits n’ont cessé depuis de se multiplier. Le code du patrimoine institue ainsi un droit de reproduction sur l’image des biens du domaine national mais également bien d’autres curiosités. Des droits de propriétés incorporelles portant sur l’image ou sur le nom patronymique sont construits comme de véritables droits de propriétés intellectuelles. Dans le contexte des réseaux sociaux et de l’intelligence artificielle beaucoup suggèrent aujourd’hui de consacrer une propriété sur les données personnelles ou non personnelles. Ce mouvement ne peut laisser le juriste de propriété intellectuelle indifférent.
Qu’est-ce qui génère, en effet, cette évolution ? Une spécialisation croissante des droits de propriété intellectuelle ? Un besoin de protection systématique de tout investissement économique ? Sommes-nous en présence de véritables droits autonomes ou de simples droits spéciaux de la propriété intellectuelle ? Cette para-propriété intellectuelle met-elle en œuvre de véritables droits de propriété ou de simples monopoles d’exploitations ? Comment pourrait-on mieux accueillir cette propriété incorporelle, non intellectuelle, au sein du Code civil ou du code de la propriété intellectuelle ? Comment est-ce que les praticiens (juristes d’entreprises, avocats spécialisés dans le droit de la propriété intellectuelle, magistrats) agissent sur cette para-propriété intellectuelle ? L’ont-ils favorisé au moyen du contrat (comme c’est le cas avec le droit de tournée dans le domaine théâtral). De quels outils disposent-ils pour la contester ? Quelle doctrine les magistrats adoptent-ils au sujet de cette propriété intellectuelle ? Souhaitent-ils la condamner au nom de la liberté du commerce et de l’industrie ? L’accompagner au nom d’un besoin de réservation de valeurs nouvelles ? C’est à toutes ces questions que le colloque du CUERPI qui se tiendra le 26 mars 2021 au musée de Grenoble a vocation à s’intéresser.

Les droits de para-propriété intellectuelle étant, comme bien d’autres droits, des droits existentialistes, des droits dont l’existence précède l’essence, nous présenterons les manifestations du mouvement avant de l’analyser tant d’un point de vue théorique (essence) que pratique (défense)
       
    Jean-Michel BRUGUIERE

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1-Cass. civ 1° 10 mars 1999 n°96-18699
2-P.-Y Gautier JCP 1999, II, 10078 n°16

 

Localisation

Auditorium de l'IMAG
700, avenue Centrale, Saint-Martin-d'Hères

Auditorium du Musée de Grenoble
5, place de Lavalette, Grenoble
Mis à jour le 21 juin 2021